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VMC en location : qui doit la nettoyer et l'entretenir ?

Oui, le locataire doit nettoyer les bouches d'entrée d'air et d'extraction d'air de la VMC ; les grosses réparations de l'installation restent, en principe, à la charge du propriétaire. Le décret du 26 août 1987 y ajoute le ramonage des conduits de ventilation. Les textes ne nomment pourtant ni le caisson ni le moteur : ce qui n'est pas locatif revient au bailleur.

L'équipe Niveau Pro1 nov. 2026 · 10 min de lecture
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Le locataire doit-il nettoyer la VMC ?

Oui, pour les bouches. Service-public.fr range dans les obligations du locataire le nettoyage des bouches d'entrée d'air et d'extraction d'air, qui relève de l'entretien courant. Le caisson et le moteur, eux, ne sont pas décrits comme locatifs dans les textes consultés : leur remplacement obéit à d'autres règles, détaillées plus bas.

La fiche de service-public.gouv.fr sur l'entretien courant et les réparations locatives est précise : le locataire « doit également nettoyer les bouches d'entrée d'air et bouches d'extraction d'air ». L'ADIL des Pyrénées-Orientales, répondant en mars 2026 à une locataire confrontée à des moisissures, rappelle que, « conformément au décret relatif aux réparations locatives », le locataire assure notamment « l'aération régulière des pièces, le nettoyage des bouches de VMC et des réglettes de fenêtre ».

La base légale est l'article 7 de la loi du 6 juillet 1989 : le locataire doit « prendre à sa charge l'entretien courant du logement, des équipements mentionnés au contrat et les menues réparations ». Les textes consultés ne fixent ni fréquence de nettoyage ni méthode : la loi parle d'entretien courant, sans plus de précision. Lire le bail et sa notice reste le bon réflexe, car l'ANIL recommande de la consulter « pour connaître les détails spécifiques des responsabilités en matière de réparations ».

Qui fait entretenir et réparer le reste de l'installation ?

Le locataire fait ramoner les conduits de ventilation ; les réparations importantes de la VMC, comme le remplacement du caisson ou du moteur, ne figurent pas dans la liste des réparations locatives. Elles relèvent donc, en principe, du propriétaire, surtout lorsque l'usure en est la cause. Les textes ne nomment pourtant ni le caisson ni le moteur.

Deux textes se répondent. Le décret du 26 août 1987 classe parmi les réparations locatives, dans la rubrique « Autres équipements mentionnés au contrat de location », le « ramonage des conduits d'évacuation des fumées et des gaz et conduits de ventilation ». Service-public.fr donne la VMC en exemple : le locataire « doit faire ramoner les conduits de ventilation et d'évacuation des fumées et des gaz (chaudière, cheminée, VMC...) ».

De l'autre côté, l'article 6 de la loi de 1989 oblige le bailleur à faire « toutes les réparations, autres que locatives, nécessaires au maintien en état et à l'entretien normal des locaux loués ». L'ANIL résume la répartition : « L'entretien courant d'un logement en location doit être réalisé par le locataire. Les grosses réparations relèvent en principe de la responsabilité du propriétaire bailleur. » Et quand la cause est l'âge de l'installation, la règle est la même que pour tout équipement : « Les réparations rendues nécessaires par la vétusté (c'est-à-dire l'usure naturelle) relèvent du bailleur. »

InterventionÀ la charge deAppui
Nettoyer les bouches d'entrée d'air et d'extraction d'airLocataireFiche de service-public.fr sur les réparations locatives
Faire ramoner les conduits de ventilationLocataireAnnexe du décret de 1987
Entretien courant et menues réparations d'un équipement mentionné au bailLocataireArticle 7 de la loi de 1989
Remplacer un moteur ou un caisson usé par l'âgePropriétaireRéparation non locative, vétusté
Dégradation causée par le locataire (bouche cassée, installation débranchée)LocataireResponsabilité du locataire en cas de dégradations

Le dernier cas repose sur la règle générale : l'ANIL indique que le locataire est responsable des dégradations survenues dans le logement, sauf force majeure, faute du bailleur ou fait d'un tiers que le locataire n'a pas introduit.

La VMC fait-elle partie des critères du logement décent ?

Oui : la ventilation compte parmi les critères de décence. Selon l'ANIL, un logement décent comporte un mécanisme de ventilation, et les dispositifs de ventilation doivent être en bon état. Le propriétaire doit donc fournir une ventilation en état de fonctionner ; au locataire revient l'entretien courant, comme le nettoyage des bouches.

Le même texte de l'ANIL précise que ces dispositifs doivent permettre « une évacuation de l'humidité adaptée aux besoins d'une occupation normale du logement et au fonctionnement des équipements ». Les travaux nécessaires pour respecter ces critères sont, d'après service-public.fr, du ressort du propriétaire : sa liste des travaux à la charge du bailleur comprend les « travaux pour respecter les critères d'un logement décent » et ceux « nécessaires au maintien en l'état et à l'entretien normal du logement ».

Une VMC qui ne fonctionne plus par usure n'est donc pas une réparation locative. La nuance : si la panne vient d'un défaut d'entretien ou d'un usage anormal du locataire, la règle de la vétusté ne s'applique pas.

Qu'en est-il d'une VMC collective d'immeuble ?

Les textes consultés ne distinguent pas VMC individuelle et VMC collective pour le nettoyage des bouches : il reste locatif. L'entretien de l'installation commune, lui, figure dans la liste des charges récupérables, sous la mention « Entretien de la ventilation mécanique » : le bailleur peut en demander le remboursement au locataire.

La liste vient du décret n° 87-713 du 26 août 1987, dont l'annexe range, au titre de l'« exploitation et entretien courant » des équipements divers du bâtiment, le « ramonage des conduits de ventilation » et l'« entretien de la ventilation mécanique ». L'ANIL explique le principe : les charges « correspondent aux dépenses faites par le bailleur qu'il peut vous demander de rembourser ».

Concrètement, le locataire rembourse, via les charges, ce que le bailleur a engagé pour l'entretien courant de l'installation commune, dans la limite de cette liste. Les textes consultés ne détaillent pas ici la répartition des gros travaux sur l'installation commune.

Que faire si l'humidité persiste ou si la VMC est en panne ?

Nettoyez les bouches et aérez, puis écrivez au propriétaire. Si l'humidité persiste et semble venir d'un défaut du logement, l'ADIL conseille de l'en informer par lettre recommandée avec accusé de réception, en décrivant les désordres. Sans réponse, la commission départementale de conciliation peut être saisie ; le loyer, lui, reste dû.

Dans sa réponse de mars 2026, l'ADIL 66 conseille à la locataire d'« aérer régulièrement son logement (au moins 10 à 15 minutes par jour) » et de « vérifier l'état de la ventilation (VMC, grilles d'aération) et de les nettoyer, si nécessaire ». Elle rappelle aussi que les traces superficielles de moisissures sont à nettoyer par le locataire « lorsqu'elles résultent d'un défaut d'usage » : condensation liée à un manque de ventilation, absence de chauffage, séchage du linge à l'intérieur sans aération. Dans ces cas, les dégradations peuvent être imputables au locataire. En cas d'infiltration ou de fuite, une déclaration de sinistre dégât des eaux auprès de l'assurance habitation est à envisager.

Pour la suite, service-public.fr décrit un parcours en trois temps : le locataire doit avertir le propriétaire, puis le mettre en demeure d'exécuter ses obligations par lettre recommandée avec accusé de réception, puis saisir la commission départementale de conciliation avant le juge. Et le principe ne change pas : « Même si le propriétaire ne fait pas les travaux qu'il doit faire, le locataire doit continuer à payer le loyer. » Le même raisonnement vaut pour le chauffe-eau en panne.

Quels points les textes ne tranchent-ils pas ?

Plusieurs points restent sans réponse écrite dans les textes consultés. Aucune fréquence de nettoyage n'est fixée. Le caisson, le moteur et les filtres ne figurent pas dans la liste des réparations locatives. Le ramonage des conduits de ventilation n'est pas défini pour une VMC : la fiche cite la VMC en exemple sans en décrire le contenu.

Autre limite : la qualification d'une intervention (entretien courant, menue réparation ou remplacement) peut dépendre du contrat et, en cas de litige, de l'appréciation du juge. Le bail et sa notice annexée peuvent préciser les équipements concernés. Pour un détecteur de fumée, l'équipement voisin que service-public.fr traite dans la même fiche, voyez qui l'installe et qui l'entretient.

Au 12 octobre 2026, la fiche de service-public.fr sur les réparations locatives porte la mention de vérification du 21 mai 2025 et l'article 7 de la loi de 1989 est en vigueur dans sa version du 15 juin 2025. La réponse de l'ADIL 66 citée ici date du 2 mars 2026 : elle illustre l'application de ces règles par les conseillers juristes des ADIL, sans créer de règle nouvelle.

Questions fréquentes

À quelle fréquence faut-il nettoyer les bouches de VMC ?

Les textes consultés ne fixent aucune fréquence : ils parlent d'entretien courant. Service-public.fr indique seulement que le locataire doit nettoyer les bouches d'entrée d'air et d'extraction d'air. Si le logement reste humide malgré un nettoyage régulier, signalez-le au propriétaire par lettre recommandée avec accusé de réception.

Qui paie le remplacement d'un moteur de VMC en panne ?

Le remplacement d'un moteur ou d'un caisson ne figure pas dans la liste des réparations locatives. Il relève en principe du propriétaire, surtout si l'usure en est la cause, selon la loi de 1989 et l'ANIL. Les textes ne nomment pas le moteur : en cas de doute, consultez l'ADIL de votre département.

Les moisissures dans le logement sont-elles à la charge du locataire ?

Cela dépend de la cause. Le locataire nettoie les traces superficielles lorsqu'elles résultent d'un défaut d'usage : manque d'aération, chauffage insuffisant, linge séché sans aération. Si l'humidité semble venir d'un défaut du logement, l'ADIL conseille d'en informer le propriétaire par lettre recommandée avec accusé de réception.

Que recouvre le ramonage des conduits de ventilation ?

Le décret de 1987 place le ramonage des conduits d'évacuation des fumées et des gaz et des conduits de ventilation parmi les réparations locatives, et service-public.fr cite la VMC en exemple. Les textes consultés ne précisent pas ce que recouvre ce ramonage pour une VMC : la fiche n'en décrit pas le contenu.

La VMC collective de l'immeuble est-elle à la charge du locataire ?

L'entretien de la ventilation mécanique figure dans la liste des charges récupérables du décret n° 87-713 : le bailleur peut en demander le remboursement au locataire. Le locataire n'a pas à faire entretenir lui-même l'installation commune. Le nettoyage des bouches situées dans le logement reste locatif.

Sources

Cet article présente la réglementation en vigueur à sa date de mise à jour et n'a pas valeur de conseil juridique. En cas de doute sur votre situation, rapprochez-vous d'un professionnel qualifié.

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