TVA sur les travaux de rénovation : 5,5 %, 10 % ou 20 % ?
Dans un logement achevé depuis plus de deux ans, les travaux relèvent de la TVA à 10 % s'ils améliorent ou entretiennent le logement, et de 5,5 % s'ils relèvent de la rénovation énergétique ; le reste est à 20 %. Depuis le 1er mars 2025, l'attestation Cerfa a disparu : une mention portée sur le devis ou la facture la remplace. C'est vous qui la signez, et vous en répondez si l'erreur vient de vos déclarations.
Quels logements ouvrent droit à la TVA réduite ?
Le logement doit être achevé depuis plus de deux ans à la date de début des travaux, et être affecté à l'habitation. Résidence principale ou secondaire, peu importe. Le statut de celui qui commande les travaux ne joue pas non plus : propriétaire, locataire, occupant à titre gratuit, tous y ouvrent droit.
L'Anah liste les bénéficiaires : « Les propriétaires occupants ; les propriétaires bailleurs ; les syndicats de propriétaires ; les locataires ; les occupants à titre gratuit ; les sociétés civiles immobilières. » Autrement dit, un locataire qui fait remplacer un chauffe-eau à ses frais bénéficie du même taux que le propriétaire.
La règle des deux ans est stricte et se mesure à l'achèvement du logement, pas à la date d'achat. Un appartement achevé il y a dix-huit mois reste à 20 %, même pour des travaux d'entretien.
Quels travaux sont à 5,5 %, à 10 % ou à 20 % ?
Trois taux coexistent sur un même chantier, et rien n'interdit qu'une facture en comporte deux. Le 5,5 % vise la rénovation énergétique, le 10 % l'amélioration et l'entretien ordinaires, le 20 % tout ce qui sort du logement ancien ou de la prestation de l'entreprise.
| Taux | Ce qu'il couvre | Exemples |
|---|---|---|
| 5,5 % | Pose, installation, adaptation ou entretien de matériaux et systèmes visant l'économie d'énergie ou les énergies renouvelables, par l'amélioration de l'isolation thermique, du chauffage et de la ventilation, de la production d'eau chaude sanitaire | Isolation des combles, pompe à chaleur air/eau, chauffe-eau thermodynamique, ventilation |
| 5,5 % | Prestations « étroitement liées » aux travaux énergétiques éligibles | Reprise d'étanchéité de la toiture dans le cadre d'une isolation, reprises de plomberie, d'électricité, de plâtrerie, de peinture ou de sol consécutives à une isolation par l'intérieur |
| 10 % | Travaux d'amélioration, de transformation, d'aménagement et d'entretien | Réfection d'une salle de bains, remplacement d'un évier, peinture, plomberie courante |
| 20 % | Ce qui est exclu des taux réduits | Locaux non affectés à l'habitation, logements de moins de deux ans, gros équipements, équipements ménagers et mobiliers, matériaux que vous achetez vous-même |
Deux exclusions méritent d'être connues avant de signer. D'abord les chaudières : « La TVA applicable à la fourniture et à la pose d'une chaudière susceptible d'utiliser des combustions fossiles (dont le gaz) est de 20 % ». L'administration fiscale confirme que ces installations sont sorties des taux réduits en mars 2025.
Ensuite, les travaux qui produisent fiscalement un immeuble neuf. Les taux réduits ne s'appliquent pas si les travaux « conduisent à une surélévation du bâtiment ou à une addition de construction », s'ils « augmentent la surface de plancher de la construction existante de plus de 10 % », s'ils remettent à l'état neuf « plus de la moitié d'un seul des trois éléments du gros œuvre », ou « au moins deux tiers de chacun des six éléments de second œuvre ». Ces seuils s'apprécient « sur une période de deux années précédant ou suivant la réalisation des travaux » : une rénovation étalée sur deux chantiers peut donc basculer rétroactivement à 20 %.
Une nouveauté de l'été 2026 mérite d'être signalée : les pompes à chaleur air/air, jusque-là exclues du taux réduit, y sont entrées avec l'arrêté du 13 juillet 2026, publié au Journal officiel du 17 juillet. L'éligibilité dépend de critères de performance et du fluide frigorigène : demandez la référence exacte du modèle sur le devis.
Les textes de référence sont l'article 279-0 bis du code général des impôts pour le taux de 10 %, l'article 278-0 bis A du CGI et l'arrêté du 4 décembre 2024 — applicable depuis le 1er janvier 2025, modifié par l'arrêté du 13 juillet 2026 — pour le 5,5 %, et l'article 30-00 A de l'annexe IV du CGI pour la liste des gros équipements exclus.
L'attestation TVA est-elle encore obligatoire ?
Non, et c'est le changement le plus mal connu du sujet. Les formulaires Cerfa 1300-SD et 1301-SD ne sont plus exigés. Depuis le 1er mars 2025, une mention portée par le client sur le devis ou la facture les remplace intégralement.
L'administration fiscale est explicite : « Depuis le 1er mars 2025, le client doit certifier via une mention sur le devis ou la facture que les travaux effectués par le professionnel remplissent les conditions d'application de l'un des taux réduits. » La mesure vient de l'article 41 de la loi n° 2025-127 du 14 février 2025 de finances pour 2025.
Si une entreprise vous demande encore de remplir et de signer une attestation Cerfa, ce n'est pas une fraude : c'est une habitude qui n'a plus de fondement. Le document qui compte désormais, c'est le devis ou la facture.
Que doit contenir la mention sur le devis ou la facture ?
La mention certifie trois choses, et le commentaire officiel de l'administration en fixe le contenu. Vous attestez que l'immeuble est affecté à l'habitation, qu'il est achevé depuis plus de deux ans, et que les travaux ne le rendent pas fiscalement neuf.
Le BOFiP indique que « le preneur certifie sur le devis ou la facture que les conditions pour le bénéfice du taux réduit sont remplies ». Concrètement, la certification porte sur :
- l'affectation du bâtiment à un usage d'habitation et son achèvement depuis plus de deux ans ;
- le fait que les travaux réalisés sur une période de deux ans ne surélèvent pas le bâtiment, ne le rendent pas neuf et n'augmentent pas la surface de plancher de plus de 10 % ;
- le cas échéant, le caractère de rénovation énergétique des prestations.
L'administration publie des modèles de rédaction, référencés sous BOI-LETTRE-000280. Pour des travaux de réparation ou d'entretien inférieurs à 1 000 € TTC, une mention simplifiée est admise. L'entreprise applique ensuite le taux directement : « La TVA à 5,5 % sera directement appliquée par l'entreprise sur la facture. »
Qui paie si le taux appliqué est faux ?
Cela dépend de l'origine de l'erreur, et la réponse surprend souvent. Si les mentions inexactes viennent de vous, vous êtes solidairement tenu au paiement du complément de TVA. Si l'entreprise a appliqué un taux réduit à des travaux ou équipements exclus, elle en reste seule débitrice.
Le BOFiP renvoie aux articles 279-0 bis, 3 et 278-0 bis A, IV du CGI : lorsque des mentions inexactes du fait du client ont entraîné l'application erronée d'un taux réduit, « celui-ci est solidairement tenu au paiement du complément de taxe ». Service-Public.fr le formule ainsi : « En cas d'erreur sur le taux appliqué en raison de la faute du client, il peut être obligé de participer au remboursement du complément de taxe manquant ».
À l'inverse, le prestataire reste seul redevable lorsqu'il a appliqué le taux réduit à des équipements exclus, ou lorsqu'il n'est pas en mesure de présenter la certification du client à l'administration. Une facture rectificative reste possible si un client de bonne foi a simplement omis la certification.
| Origine de l'erreur | Qui paie le complément de TVA |
|---|---|
| Mentions inexactes du fait du client | Le client, solidairement avec l'entreprise |
| Taux réduit appliqué à des équipements exclus | L'entreprise seule |
| Certification que l'entreprise ne peut pas présenter à l'administration | L'entreprise seule |
L'enjeu est chiffrable : entre 5,5 % et 20 %, l'écart représente 14,5 % du montant hors taxes. Sur un chantier de 20 000 € HT, cela fait 2 900 €. Il vaut donc la peine de lire ce que vous signez, plutôt que de cocher une case à la volée.
Une entreprise qui connaît ces règles les écrit d'elle-même sur le devis. Si vous cherchez encore la vôtre, l'annuaire Niveau Pro réunit les entreprises par métier et par ville à partir de la liste publique de l'ADEME — ce n'est pas l'annuaire officiel, qui est celui de France Rénov' — avec la vérification du SIRET à l'INSEE et une demande de devis sans création de compte. Le taux réduit, lui, n'exige aucune qualification RGE : ce sont le logement et la nature des travaux qui décident.
Qu'est-ce qui n'est pas encore stabilisé ?
Constat arrêté au 18 septembre 2026. La liste des équipements à 5,5 % a changé cet été : l'arrêté du 13 juillet 2026 l'a modifiée, et le guide des aides de l'Anah publié en septembre 2026 ne le reprend pas encore. Les taux eux-mêmes sont fixés par la loi de finances, qui peut les revoir chaque année — la prochaine est attendue pour 2027. Avant un chantier important, vérifiez le taux applicable à la date de début des travaux.
Combien de temps faut-il garder les documents ?
Cinq ans pleins, et un peu plus. La règle officielle : vous conservez une copie du devis ou des factures « jusqu'au 31 décembre de la 5e année » suivant la réalisation des travaux, ou suivant l'émission des factures pour la rénovation énergétique.
Des travaux facturés en 2026 se justifient donc jusqu'au 31 décembre 2031. C'est un délai long, sur des documents papier faciles à perdre au premier déménagement. Les regrouper au même endroit avec les attestations et l'historique des interventions relève du carnet d'information du logement.
Ces règles de TVA se combinent avec les subventions : la TVA réduite s'applique sur la facture, les aides se demandent séparément et avant les travaux. Le détail des cumuls est dans l'article sur le cumul des aides, et la condition de qualification de l'entreprise dans celui sur l'obligation RGE.
Avec Niveau Pro
La mention de TVA, les devis et les factures doivent pouvoir être retrouvés jusqu'au 31 décembre de la cinquième année. L'espace particulier gratuit de Niveau Pro sert de carnet d'entretien du logement : les interventions, le matériel posé, les photos et les documents y restent réunis, et il donne accès à un annuaire d'artisans RGE.
Questions fréquentes
Faut-il encore remplir une attestation Cerfa pour la TVA réduite ?
Non. Depuis le 1er mars 2025, les formulaires 1300-SD et 1301-SD ne sont plus exigés. Le client certifie directement sur le devis ou la facture que les conditions du taux réduit sont remplies. La mesure vient de l'article 41 de la loi de finances pour 2025.
Quel taux de TVA pour le remplacement d'une chaudière à gaz ?
20 %. L'Anah indique que la TVA applicable à la fourniture et à la pose d'une chaudière susceptible d'utiliser des combustions fossiles, dont le gaz, est de 20 %. Ces installations sont sorties des taux réduits en mars 2025. Une pompe à chaleur qui respecte les critères de performance fixés par arrêté relève du 5,5 %. L'entretien d'une chaudière existante reste, lui, à 10 %.
Un locataire peut-il bénéficier de la TVA à 5,5 % ?
Oui. Les bénéficiaires listés par l'Anah incluent les locataires et les occupants à titre gratuit, au même titre que les propriétaires occupants ou bailleurs. La condition porte sur le logement, achevé depuis plus de deux ans et affecté à l'habitation, pas sur le statut de celui qui paie.
Deux taux de TVA peuvent-ils figurer sur la même facture ?
Oui. L'exemple officiel de l'Anah décrit un chantier où « les travaux de plomberie sont donc facturés au taux de 10 % et les autres travaux au taux de 5,5 % ». Chaque prestation suit son propre régime, ce qui rend la lecture ligne par ligne du devis indispensable.
Combien de temps conserver le devis et les factures ?
Jusqu'au 31 décembre de la cinquième année suivant la réalisation des travaux, ou suivant l'émission des factures pour la rénovation énergétique. Des travaux facturés en 2026 doivent donc pouvoir être justifiés jusqu'au 31 décembre 2031, en cas de contrôle sur le taux appliqué.
Sources
- Direction générale des finances publiques (impots.gouv.fr) — Quel taux de TVA appliquer pour les travaux réalisés dans les logements ?« Depuis le 1er mars 2025, le client doit certifier via une mention sur le devis ou la facture que les travaux effectués par le professionnel remplissent les conditions d'application de l'un des taux réduits. »
- Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP) — BOI-TVA-LIQ-30-20-90-40 — Travaux portant sur des locaux à usage d'habitation achevés depuis plus de deux ans : modalités d'application« le preneur certifie sur le devis ou la facture que les conditions pour le bénéfice du taux réduit sont remplies »
- Service-Public.fr — Entreprendre (DILA) — Taux de TVA pour les travaux de rénovation d'un logement« été achevé depuis plus de 2 ans »
- Service-Public.fr — Entreprendre (DILA) — Formalités — Taux réduits de TVA sur les travaux de rénovation : l'attestation est supprimée« les conditions d'application du taux intermédiaire ou du taux réduit sont remplies »
- Anah (Agence nationale de l'habitat) / France Rénov' — Les aides financières en 2026 — édition septembre 2026, chapitre « La TVA à taux réduit »« La TVA applicable à la fourniture et à la pose d'une chaudière susceptible d'utiliser des combustions fossiles (dont le gaz) est de 20 %. »
- Légifrance — Arrêté du 13 juillet 2026 modifiant la nature et les caractéristiques des prestations de rénovation énergétique bénéficiant du taux réduit de TVA« Les pompes à chaleur air/air réversibles fixes, destinées à être installées de manière permanente dans les bâtiments, dont le cycle à compression de vapeur est entraîné par un moteur électrique »
Cet article présente la réglementation en vigueur à sa date de mise à jour et n'a pas valeur de conseil juridique. En cas de doute sur votre situation, rapprochez-vous d'un professionnel qualifié.
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